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Notariat : les perles des clients relous

Si vous travaillez comme salarié(e) dans le notariat, alors vous les connaissez forcément. Ils hantent vos journées et parfois vos nuits. Ils finissent toujours par vous pousser à bout. Ils vous font parfois regretter d’avoir un cerveau – et sept ans d’études derrière vous. Qui sont-ils ? Les clients relous, bien sûr ! Voici un “best-of” de leurs réflexions les plus irritantes.


“Il me faut tout de suite l’acte que j’ai signé en 1994.”


C'est un peu devenu la règle : les notaires ont tendance à dire oui à tout, pour satisfaire leurs clients et ne pas les perdre – quitte à devenir coutumiers du “vite fait mal fait” et à presser leurs salarié(e)s comme des citrons. Résultat : avec les clients c'est un peu comme avec les enfants, on en fait des capricieux. Alors forcément, lorsqu’on vous demande de déterrer en 24 heures chrono un vieil acte signé il y a mille ans, vous avez envie de répondre : “Si t'as pas ta copie d'acte aujourd'hui, personne ne va mourir, on n'est pas chez le cardiologue”. Mais vous ne le faites pas, car vous êtes poli(e) et car le client est roi. (Roi des relous ?)


“Non mais on s'en fout des 11 jours pour se rétracter. On n'a qu'à antidater les trucs.”


Le client relou brille par son impatience. Tel un pré-ado qui refuse de lire les instructions avant de jouer à un jeu vidéo, il fait fi des règles juridiques conçues pour le protéger. Pressé de déménager, il peste. Il voudrait faire valider l’achat de son bien immobilier dès l’obtention de l’offre de prêt, sans attendre le délai légal des 11 jours. "On n'a qu'à antidater les trucs", suggère-t-il. Mais bien sûr…


“Je comprends pas, c'est pas vous qui allez relever les compteurs EDF ?”


Non, cher client, ce ne sont pas les clercs de notaire qui relèvent les compteurs électriques lors de la vente de votre bien immobilier. Ni les compteurs de gaz, ni même les compteurs d’eau. Ce ne sont pas non plus les salarié(e)s du notariat qui gèrent la redirection de votre courrier ou la location de votre camion de déménagement. Au risque de le surprendre, il vous faut parfois expliquer au client relou que votre boulot à vous, c’est “juste” le juridique.


“J'ai retrouvé un post-it pour justifier le montant des travaux, ça vous suffira bien.”


Le client relou oublie parfois que les obligations juridiques et formelles concernent tout le monde, sans exception. Si vous lui demandez le moindre justificatif pour les travaux qu’ils ont effectué sur leur bien immobilier, c’est un peu comme si vous commettiez un crime de lèse-majesté. “Mais pour quoi faire ?”, s’exclame le client outré. Et vous de leur répéter que, pour déduire les travaux de leur plus-value immobilière, il faut absolument présenter des factures en bonne et due forme. Et non pas des devis vaguement griffonnés sur un coin de table. Le client relou a aussi beaucoup de mal à accepter que, quand il a fait les travaux lui-même, il ne peut pas déduire le coût des matériaux. Conséquence : il ne cesse de vous envoyer ses tickets de caisse Leroy-Merlin… #LaisseBéton


“Et donc je signe où pour la procuration ?”


Vous avez passé dix minutes de votre temps précieux à mettre des petites croix partout pour lui mâcher le travail. Histoire de bien lui montrer où parapher et signer, page par page. Vous avez même surligné des passages au fluo et écrit quelques consignes au crayon. Mais rien n’y fait, le client relou panique totalement et ne sait jamais quoi faire ni où signer. Pour un projet d'acte de vente, il va vous appeler toute la journée pour vous demander la définition de chaque mot. Son angoisse va vite devenir contagieuse. Vous la sentez qui monte en vous ?


“Non mais c'est pas la peine, j'ai déjà vu ça avec le notaire.”


La plupart des clients pensent que c'est le notaire en personne qui gère leur dossier et qui rédige les actes. C’est évidemment faux, puisque c’est vous qui vous tapez tout le boulot et qui devez en plus gérer la relation client.

Le client relou vit sa relation avec le notaire comme une affaire personnelle. Si par malheur vous faites une erreur sur son prénom ou sa date de naissance dans un acte, il se sentira attaqué dans son identité. Il le prendra très mal et deviendra très très nerveux. Vous devrez alors faire votre mea culpa et l’apaiser comme un patient chez son psychothérapeuthe.


“Oui mais vous comprenez, moi je bosse.”


Un moment de grâce dans le boulot d’un(e) salarié(e) du notariat, c’est quand il faut trouver un créneau pour un rendez-vous entre plusieurs personnes afin de signer une vente. Vous voilà alors en train de croiser les disponibilités de tout le monde, en mode “doodle de l'extrême”. Et si vous osez demander à l’une des parties de se libérer en journée pendant la semaine, vous vous prenez dans la face le délicieux commentaire : “Je ne peux pas, je bosse, moi.” Parce que vous, évidemment, vous venez tous les jours à l’étude juste pour jouer au sudoku…

Bref, on ne va pas se mentir, les clients relous on en a tous eu... et on est toujours là !


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